Mon cher Pourpier!

Le Pourpier

Il est un fait : le pourpier se plait au jardin citoyen européen Paradeisos, au sein de la maison Jean Monnet à Bazoches-sur-Guyonne!!!

Depuis que nous avons mis en terre le jardin, il a pris toute la place libre sur les deux bandes ! Soit il n’aime pas le vide, soit, il veut se faire adopter.
Le pourpier est une plante très commune dans les jardins en particulier du Sud de la France à qui différents noms sont prêtés : « pourpier maraîcher » « porcelane » ou encore « pourpier des jardins ». Il est souvent considéré comme une mauvaise herbe (adventice) bien qu’il soit consommé depuis la plus Haute Antiquité. En effet, il a été servi à la table de Louis XIV puis est tombée en désuétude.
Très utilisé traditionnellement dans le régime crétois (le meilleur pour notre santé), le pourpier fait son retour en force dans nos assiettes. Et c’est une excellente nouvelle car il est à la fois peu calorique mais surtout très riche en micro-nutriments ! Nous avons de l’or dans nos jardins !!! Adoptons-le !!!?

Il existe également un pourpier de culture, à usage de plante d’ornement, dénommé pourpier doré (Portulaca grandiflora). Ici nous ferons un focus sur le pourpier sauvage.

Dénomination latine :
Portulaca oleracea

Famille Botanique :
Portulaceae Portulacaceae (Brassicaceae)

Description et habitat:
Le pourpier sauvage se caractérise par des tiges rampantes de couleur rougeâtre, s’étalant sur 10 à 30 cm et de petites fleurs jaunes. Ses feuilles et tiges sont charnues.
Les fleurs jaunes sont solitaires ou agglomérées à l’aisselle et au sommet des rameaux. Elles comportent 2 sépales et 4 à 6 pétales. Les étamines (6 à 12) entourent un styles à 4-6 branches.
Le fruit est une capsule, s’ouvrant circulairement en travers contenant de nombreuses graines, noires et luisantes.
Il s’agit d’une plante annuelle, hermaphrodite (mâle et femelle sur le même pied) autogame.
Le pourpier est très commun dans les jardins et les friches et pousse dans toute la France mais de préférence dans les zones chaudes et en particulier dans le Sud. En effet, il apprécie une exposition en plein soleil et un sol sec et bien drainé. On le trouve dans toutes les régions tempérées du monde : Europe, Asie (Chine, Inde…), Amérique ou Australie.

A noter : le pourpier est un bio-indicateur caractéristique des sols :
• manquant d’air, le plus souvent à cause du compactage
• carencés en calcium
• à faible pouvoir de fixation (eau et éléments fertilisants) donc très secs en été.

La période de floraison s’étale de mai à novembre (suivant les régions).

Parties utilisées :
Pour la consommation alimentaire, privilégier les feuilles charnues les plus jeunes car elles deviennent filandreuses en vieillissant

Période de récolte :
De mai à septembre (quand il n y a pas encore de graine, après les feuilles sont trop filandreuses)

Composition de la feuille :
La feuille de pourpier bien que peu calorique est constituée de mucilages améliorant le confort digestif et est très riche en micro-nutriments.
Vitamines :
 riche en β-carotène (jusqu’à 3,mg/100 g de feuilles fraiches).
 Contient la plupart des vitamines du groupe B ( à hauteur des concentrations de la plupart des fruits)
 très riche en vitamine C, (jusqu’à 20 mg / 100 g de feuilles fraîches), c’est vraiment un intérêt majeur dans la consommation de pourpier
Minéraux/oligo-éléments :
 très riche en ces minéraux : potassium, calcium, fer, magnésium
Acides gras essentiels :
Le pourpier contient très peu de lipides ( 0,1 % ) mais parmi eux, il est réputé pour sa forte concentration en acides gras oméga 3 (qui font le succès du régime crétois).
Au total, 27 acides gras ont été détectés dont 4 principaux :
L’acide α-linolénique ( oméga 3) est l’acide gras le plus abondant. Il s’agit d’un acide gras essentiel (non synthétisé par le corps). Il joue un rôle important dans la croissance et la prévention des maladies. Il a un rôle anti-inflammatoire très intéressant pour compenser une alimentation trop pro-inflammatoire (industrielle).
Deux acides gras saturés : acide palmitique et acide stéarique
Et l’acide linoléique ( oméga 6).

Plusieurs acides organiques :
Dans les feuilles : acide oxalique (probablement responsable du gout acide)
Dans les tiges : acide citrique
Les acides aconitique, malique et fumariques sont également présents dans la plante.

Polyphénols :
En particulier, les feuilles contiennent des polyphénols avec une activité antioxydante

Propriétés (plante) :
 Antiscorbutique
 Dépurative, diurétique (riche en mucilages)
 Hypocholestérolémiante et hypotriglycéridémiante (omega 3)
 Atténue l’inflammation vasculaire (omega 3, polyphénols)

Utilisations : LE POURPIER EST UN ALIMENT ROI DE L ALIMENTATION SANTE.

Le pourpier est un aliment peu énergétique, apportant peu de calories. Très utilisé dans le régime crétois, les jeunes tiges et feuilles de pourpier se consomment en salade, purées, potages, houmous, omelettes (…) et leur goût légèrement acidulé donne une petite touche originale.

Voici quelques propositions :
Les feuilles et tiges se mangent crues en salade et sont souvent incorporées dans le mesclun. Elles ont un petit goût acidulé.

Salade-plat au pourpier :
Pour 4 personnes :
1 poignée de feuilles de pourpier
1 poignée de cresson, ou mâche
1 poignée roquette ou endives (amertume qui contrebalance acidité pourpier)
80 g de feta
1 pomme,1 petit concombre, une tomate
5 à 6 Olives ou câpres
Topping : 4 à 6 Noix de Grenoble ou noisettes, une poignée de raisins (secs ou encore mieux frais)
Pour la décoration et le plaisir du gout, vous pouvez complétez votre topping avec quelques fleurs de mauve sauvage et graines de pavot
En pratique :
Mélanger le tout dans un saladier en commençant par les salades, puis en coupant finement les légumes, et ajouter la feta, les olives, et enfin le topping (noix, raisins, fleurs, graines de pavot)
Sauce : estragon huile d olive, vinaigre, jus de citron, pesto d’ortie, sel et poivre
Accompagner de houmous (maison) et gressins…

Gaspacho de pourpier :
Le pourpier étant riche en mucilages, qui permettent d’épaissir et lier les soupes froides est très approprié à la confection d’un gaspacho.
Ingrédients :
Une poignée de feuilles de pourpier
Un concombre
Une dizaine de feuilles d’aromates (menthe, estragon, basilic au choix selon goût)
Un jus de citron
1 cuiller à soupe d’huile d’olive
1 yaourt grec
Ail (facultatif)
Sel, poivre
Préparation :
Epluchez le concombre, les couper en morceaux
Dans un blender, incorporer les ingrédients et mixer

Goutez, rectifiez si nécessaire
Mettre au réfrigérateur 1 à 2h
Servir dans des verrines
Vous pouvez compléter avec un topping desnoisettes mixées
C’est prêt !!!

Condiment (torshi iranien) :
En Iran, pays d’origine de mon cher et tendre, il n’est pas imaginable de servir un repas sans ce fameux « torshi », qui est une sorte de pickle traditionnel. Pour tout vous avouer je ne suis pas très amatrice de saveurs acidulées, mais quand c’est fait avec amour…
Le torshi permet de conserver les légumes dans la durée.
Ingrédients :
Une poignée de tiges de pourpier
Carotte coupée en morceaux
Cornichons frais, ail
Vinaigre de cidre ou vinaigre balsamique
Sel, poivre
Aromates (basilic, estragon, romarin, menthe… selon vos gouts)
Dans un pot en verre, ajoutez tous les ingrédients, puis couvrez de vinaigre
Laisser murir au moins 3 semaines
C’est prêt ! vous pouvez l’utiliser comme pickles…

REGALEZ-VOUS !!

Bibliographie :
http://www.wikiphyto.org/wiki/Ortie
« les plantes médicinales en agrobiologie », Wicki Gerbranda, éditions Pensée sauvage/Terradou, 1991
www.tela-botanica.org
« je cuisine les plantes sauvages », terre vivante, amandine Geers et olivier Degorce,2015
Grimoire des recettes de l’apothiquaire », Rustica editions, Laurent terasson, 2014

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